Base RTK Centipède eSurvey : tuto NET10/NET20+, RINEX, IGN et NTRIP

Base RTK Centipède eSurvey : tuto NET10/NET20+, RINEX, IGN et NTRIP

Version de travail vérifiée sur le terrain. La chaîne complète eSurvey → RINEX → IGN → coordonnées précises → Centipède a été validée sur une NET10. Sur NET20+, la connexion NTRIP et la création de l’archive RINEX native fonctionnent, mais un contrôle supplémentaire de la cadence réelle du fichier reste indispensable avant de l’envoyer à l’IGN.

Ce guide explique comment préparer une base eSurvey NET10 ou NET20+ pour diffuser sur le réseau Centipède, calculer sa position précise avec l’IGN et constituer le dossier de déclaration.

En 30 secondes : qui fait quoi ?

L’installation terrain peut rester très simple :

  1. tu fixes l’antenne sur un point stable ;
  2. tu alimentes et connectes le boîtier à Internet ;
  3. tu prends une photo proche et une vue d’ensemble.

La logique tient en trois temps : poser → enregistrer → faire valider.

Ce visuel résume le parcours. Il ne remplace ni le schéma de câblage de la base ni les photos du matériel réellement livré.

RTK Précision peut aider sur la préconfiguration, le contrôle du RINEX, le calcul IGN et l’injection finale des coordonnées. La validation réseau reste du côté de Centipède.

Le propriétaire reçoit ses identifiants et garde l’accès à sa base. RTK Précision peut intervenir à distance s’il le souhaite, notamment pour les réglages qui font perdre du temps la première fois. La validation finale du réseau reste réalisée par l’équipe Centipède.

Ce qui fonctionne aujourd’hui, et ce que l’on développe

Aujourd’hui, RTK Précision sait déjà se connecter à distance à la NET20+, configurer le NTRIP Server, contrôler le flux RTCM, piloter le Recording et récupérer les éléments nécessaires au calcul de position. La diffusion vers le caster Centipède fonctionne.

L’objectif suivant est de retrouver l’esprit des kits eSurvey : une base préparée avant expédition, que tu branches et que RTK Précision accompagne à distance pendant la mise en service. Une fois la base validée et les accès remis, tu restes propriétaire et autonome dans son usage courant.

Le déploiement entièrement assisté reste toutefois en cours de développement. Il faut encore confirmer sur plusieurs bases :

  • la récupération fiable des fichiers fermés ;
  • le contrôle automatique du vrai intervalle RINEX et des interruptions ;
  • la préparation du dépôt IGN et la lecture des seuils ;
  • l’injection puis la relecture des coordonnées exactes ;
  • la constitution du courriel de déclaration ;
  • le suivi bleu → orange → vert et la maintenance dans le temps.

L’installation physique, les photos, l’acceptation d’un rapport IGN et la validation finale par les administrateurs Centipède restent des étapes contrôlées. L’objectif est de supprimer les manipulations techniques inutiles, pas de contourner ces validations.

L’objectif n’est pas seulement d’obtenir un voyant « connecté ». Une base correctement déployée doit passer plusieurs contrôles distincts :

  1. l’antenne est installée sur un point réellement stable ;
  2. la station enregistre un RAW exploitable ;
  3. la conversion produit un vrai fichier d’observation RINEX ;
  4. l’IGN calcule une position suffisamment précise ;
  5. les coordonnées correspondant à cette installation exacte sont injectées dans la base ;
  6. le flux RTCM reçu par un rover est vérifié ;
  7. l’administration Centipède valide ensuite la base.

RTK Précision utilise ici du matériel eSurvey à la place du montage RTKBase présenté dans la documentation Centipède. Le calcul IGN et la déclaration réseau restent les mêmes.


1. Matériel et implantation de l’antenne

Le montage documenté utilise :

  • un récepteur eSurvey NET10 ou NET20+ ;
  • une antenne eSurvey UA‑35 ou UA‑92 ;
  • une connexion Internet stable ;
  • une alimentation protégée ;
  • un point de fixation immobile et durable.

L’UA‑35 est compatible avec la base eSurvey

L’eSurvey UA‑35 est la petite antenne GNSS en forme de champignon livrée avec les kits eSurvey RTK Précision concernés, notamment comme seconde antenne sur les montages double antenne.

Sa compatibilité matérielle avec les NET10/NET20+ est confirmée : le profil constructeur UA-35 est directement intégré dans la WebUI eSurvey. Lorsqu’il est sélectionné, le récepteur charge ses valeurs géométriques :

  • rayon : 76 mm ;
  • hauteur : 46 mm ;
  • décalage de centre de phase L1 : 47,5 mm ;
  • décalage de centre de phase L2 : 42,5 mm.

La fiche constructeur confirme une réception GPS, GLONASS, BeiDou et Galileo, un gain supérieur à 6 dBi en GPS L1 et 5 dBi en GPS L2, ainsi qu’une erreur de centre de phase annoncée inférieure à ±2 mm.

L’UA‑92 utilisée dans nos essais avait simplement été fournie par eSurvey avec la base de démonstration. Elle n’est pas obligatoire pour envoyer un flux RTCM vers Centipède. Les deux antennes ont une construction et des corrections de centre de phase différentes : il faut sélectionner le bon profil, soigner le dégagement du ciel et juger le résultat sur le RINEX et le rapport IGN.

La chaîne historique complète archivée chez RTK Précision a été calculée avec une UA‑92. Une base montée en UA‑35 doit donc produire son propre RAW continu, son propre RINEX contrôlé et son propre rapport IGN. C’est cette mesure qui valide l’implantation réelle, pas le rapport obtenu avec une autre antenne.

Réutiliser l’UA‑35 d’un kit pour réduire le coût

Si ton kit eSurvey possède cette antenne champignon, tu as peut-être déjà l’antenne de ta future base Centipède. Sur un tracteur, l’UA‑35 dépasse davantage qu’une petite antenne plate. Il est donc possible de réfléchir au montage suivant :

  1. remplacer l’UA‑35 utilisée sur la machine par une antenne plate compatible ;
  2. récupérer l’UA‑35 devenue disponible ;
  3. l’installer sur un point fixe pour la base eSurvey ;
  4. refaire tout le cycle RAW → RINEX → IGN avec cette UA‑35 réellement installée.

Le profil constructeur et les caractéristiques multifréquences de l’UA‑35 en font une candidate crédible pour cet usage. La validation réelle reste le rapport IGN obtenu sur l’installation. Cette réutilisation évite l’achat d’une antenne supplémentaire : tu peux déjà réfléchir à son futur emplacement stable sur un bâtiment, un mât ou un point haut de l’exploitation.

Avant le remplacement sur la machine, vérifiez :

  • la compatibilité exacte de l’antenne plate de remplacement avec le guidage et ses connecteurs ;
  • les éventuels adaptateurs nécessaires ;
  • la fixation extérieure définitive de l’UA‑35 sur la base ;
  • la sélection du profil UA-35 dans la WebUI et le RINEX ;
  • la qualité du rapport IGN obtenu avec cette installation précise.

Il ne faut pas déclarer UA-92 si la base utilise réellement une UA-35, ni réutiliser le rapport IGN d’une autre antenne. Chaque implantation doit conserver son propre RINEX, son propre rapport et ses propres coordonnées.

Fiche constructeur : antenne eSurvey UA35.

Pourquoi passer d’une base sur carte SD à une eSurvey intégrée ?

Wilfried utilisait auparavant la base Centipède WSOE. Cette installation a rencontré plusieurs problèmes de carte SD, ce qui l’a poussé à rechercher une solution plus intégrée.

Sur cette photo, l’antenne eSurvey est à gauche. À droite se trouve l’ancienne antenne qui avait été retenue pour la base Centipède historique. Son modèle exact n’est plus confirmé : elle ne doit pas être présentée comme une référence u‑blox certaine ni comme une UA‑35.

Ce retour ne signifie pas que toutes les bases Centipède construites sur carte SD sont peu fiables. Il explique simplement le choix fait ici : conserver le réseau Centipède, mais remplacer le matériel de la station par un récepteur eSurvey conçu comme une station de référence complète.

Les incidents sont apparus malgré l’emploi de cartes de gamme sérieuse. Des références endurance comme SanDisk MAX Endurance, Samsung PRO Endurance ou Kingston Industrial illustrent le type de cartes prévu pour des écritures répétées ; ces marques sont citées comme exemples de marché, pas comme la liste certaine des cartes utilisées sur WSOE.

Les NET10 et NET20+ disposent de 32 Go de mémoire interne. La NET20+ accepte aussi une carte TF externe, mais les enregistrements peuvent être conservés sur le stockage interne. L’objectif est donc de ne plus dépendre d’une carte SD amovible pour le fonctionnement et l’enregistrement courants de la base.

L’architecture intégrée du récepteur — carte GNSS, communication, stockage et WebUI dans le même boîtier — paraît mieux adaptée à une station destinée à fonctionner en continu. Il s’agit pour l’instant d’un choix de conception motivé par le retour d’expérience de WSOE ; la fiabilité supérieure devra être confirmée avec du recul.

Le problème concernait le stockage local de cette installation, pas le réseau Centipède. La nouvelle base eSurvey continue justement d’utiliser le caster Centipède.

NET10 ou NET20+ : laquelle choisir ?

Les deux modèles savent fonctionner en base, enregistrer du RAW/RINEX, pousser un flux NTRIP et être administrés depuis leur WebUI.

NET10 NET20+
Usage type base simple et compacte pour une ferme ou un site classique base plus connectée pour ETA, CUMA, site partagé ou installation exigeante
Format compact, 435 g boîtier aluminium, environ 2 kg
Stockage 32 Go internes 32 Go internes + carte TF externe
Réseau Ethernet, Wi‑Fi, Bluetooth Ethernet, Wi‑Fi, Bluetooth et 4G LTE
Alimentation 8–36 V, sans batterie interne batterie 97,92 Wh, jusqu’à 18 h annoncées + alimentation 9–28 V
Interfaces WebUI, série, NTRIP, sockets TCP/UDP WebUI, USB, COM, 1PPS, événements, NTRIP, sockets et alertes
Orientation actuelle fonctions essentielles, sans batterie interne continuité de service et intégrations avancées

Les tarifs définitifs ne sont pas encore arrêtés. La NET10 paraît aujourd’hui offrir le meilleur rapport entre fonctions utiles et coût. La NET20+ est nettement plus chère, mais elle apporte la batterie interne, la 4G, les alertes et les interfaces utiles à une installation autonome ou partagée. Le câble de 15 m est un élément important de l’offre cible, car il permet de ne monter en toiture qu’une seule fois.

Les 18 heures de batterie de la NET20+ sont une valeur constructeur maximale. L’autonomie réelle dépend de la température, de la 4G, des enregistrements et des interfaces actives.

Avec sa batterie interne, son boîtier IP67 et sa faible consommation annoncée, la NET20+ est aussi la meilleure candidate pour une base autonome alimentée par panneau solaire. Le dimensionnement électrique est traité séparément dans Base RTK Centipède solaire : NET20+ autonome avec panneau, batterie et 4G : panneau, régulateur, batterie extérieure, protections et autonomie par mauvais temps ne doivent pas être résumés en trois lignes.

Une seule base, plusieurs machines et plusieurs marques

La base eSurvey envoie un flux source au caster Centipède. C’est ensuite le caster, déjà robuste et mutualisé, qui distribue les corrections aux machines connectées.

Une ETA, une CUMA ou plusieurs exploitations proches n’ont donc pas besoin d’une base par tracteur. Plusieurs systèmes compatibles NTRIP/RTCM, quelle que soit leur marque, peuvent profiter de la même base. Le nombre de connexions dépend du caster et des règles du réseau ; mieux vaut ne pas annoncer un chiffre tant qu’il n’est pas documenté.

Cette architecture est vertueuse : une nouvelle base renforce le maillage Centipède et peut servir à d’autres utilisateurs, au lieu de créer un réseau fermé de plus.

Préconfiguration et assistance à distance : la cible RTK Précision

Le fonctionnement cible, encore en développement, est le suivant :

  • préconfigurer le code de la base et le Recording avant expédition ;
  • vérifier à distance la connexion et le flux RTCM ;
  • contrôler le RINEX, accompagner le calcul IGN et injecter la position avec accord du propriétaire ;
  • préparer et suivre le dossier Centipède ;
  • aider au diagnostic plus tard sans demander au client de remonter sur le toit.

Le client reçoit ses identifiants d’administration. L’assistance distante reste optionnelle, encadrée et réalisée avec son accord.

L’idée n’est pas de rendre le propriétaire dépendant de RTK Précision. L’accompagnement sert surtout à franchir correctement la première mise en service ; ensuite, la base doit pouvoir fonctionner normalement et son propriétaire se débrouiller au quotidien. Un groupe WhatsApp d’entraide, dans l’esprit des groupes eSurvey et agraGPS, est envisagé pour les futurs utilisateurs de bases, mais il n’est pas encore ouvert ni inclus dans une offre commerciale.

La fiche NET20+ prévoit officiellement l’administration de la WebUI par FRP. C’est précisément ce qui permet d’aider sans déplacement, après accord du propriétaire.

Pour suivre le développement de l’offre et demander une étude du secteur : projet de base Centipède RTK – RTK Précision.

Un câble de 15 m pour garder le boîtier accessible

Sur la base fournie à RTK Précision, eSurvey a livré un câble d’antenne de 15 mètres. Sur l’ancienne installation, le câble disponible ne faisait qu’environ 3 mètres.

Ces 15 mètres permettent de poser l’antenne une fois sur le toit puis de redescendre le récepteur à hauteur d’homme, dans un endroit protégé et accessible. C’est un vrai avantage : pas besoin de refaire le singe à l’échelle ou de ressortir le télescopique à chaque contrôle. Tout ce qui concerne le boîtier peut ensuite se faire au sol :

  • contrôler les voyants et les branchements ;
  • accéder à la base sans intervenir sur le toit ;
  • brancher un ordinateur ou un câble de maintenance ;
  • protéger le boîtier de l’exposition extérieure ;
  • dépanner ou remplacer un élément plus rapidement.

Le câble eSurvey reçu est de forte section, avec des connecteurs moulés. Vérifiez néanmoins la longueur et le contenu exacts du colis lors de la commande : ce retour décrit l’ensemble réellement reçu par RTK Précision, pas une garantie pour toutes les configurations.

Ici, l’antenne est installée en toiture sur un mât, au-dessus des panneaux photovoltaïques, avec un ciel largement dégagé. Le câble redescend le long du support vers le boîtier installé plus bas.

La vue par-dessous permet de contrôler les connecteurs et le départ des câbles. Les câbles sont repris le long du mât pour éviter qu’ils pendent directement sur les prises. La fixation doit rester durable et les connecteurs adaptés à une exposition extérieure.

Pour une base destinée à rester sur Centipède, l’antenne doit être fixée sur un support qui ne bougera pas : bâtiment, mât ou massif correctement réalisé.

Quelques règles simples :

  • dégager au maximum le ciel autour de l’antenne ;
  • éviter les arbres, murs et masses métalliques trop proches ;
  • immobiliser le câble sans lui faire subir de traction ;
  • photographier l’installation avant de terminer ;
  • ne plus déplacer l’antenne après le calcul IGN.

Un déplacement, même faible, rend les anciennes coordonnées inutilisables. Il faudra refaire un enregistrement et un calcul IGN.

Centipède demande au minimum deux photos pour la déclaration :

  • une vue proche de l’antenne et du matériel ;
  • une vue d’ensemble permettant de comprendre l’implantation.

2. Connexion à l’interface eSurvey

La NET10/NET20+ se configure depuis sa WebUI. Selon l’installation, on y accède depuis le réseau local ou par un accès distant sécurisé mis en place par l’administrateur.

Après connexion, les menus utiles sont principalement :

  • Reference Station ;
  • GNSS Configuration ;
  • Recording ;
  • Download ;
  • Ntrip Server.

Avant toute modification importante, sauvegardez la configuration actuelle et notez le modèle, le numéro de série et la version du firmware.


3. Renseigner l’identité de la station et l’antenne

Dans Reference Station, renseignez les informations propres à la base :

Paramètre Réglage attendu
Observer Name nom du responsable
Agency Name exploitation, société ou organisme
Station Name nom humain de la station
Marker Type GEODETIC
Country Code FRA - France
Antenna Type UA-35 ou UA-92, selon l’antenne réellement installée
Antenna Serial numéro réel si disponible

Évitez de conserver les valeurs d’usine Test, OBSERVER ou AGENCY dans un dossier définitif.

APC et Delta H

Le point de référence doit rester cohérent entre le profil d’antenne, l’en-tête RINEX, le calcul IGN et la configuration finale de la base.

Sur le montage final documenté, la position injectée correspondait à l’APC et la NET10 a été réglée avec Delta H = 0. Ce n’est pas une règle universelle : un ancien RINEX accepté contenait par exemple Delta H = -0,1409 m pendant une autre phase de mesure.

Ne saisissez pas simplement la hauteur de l’antenne par rapport au sol, au toit ou à la cour. Utilisez la convention réellement retenue pour l’installation et gardez la même référence dans le RINEX, le rapport IGN et la base.

Avant le rapport IGN, les coordonnées de la station restent seulement approximatives. Elles ne doivent pas être copiées depuis une autre base.


4. Vérifier les constellations GNSS

Dans GNSS Configuration, activez les constellations réellement suivies par le récepteur :

  • GPS ;
  • GLONASS ;
  • Galileo ;
  • BeiDou.

Pour le profil testé :

  • QZSS désactivé ;
  • SBAS Positioning désactivé ;
  • angle de coupure autour de 10° ;
  • alimentation antenne activée.

Conservez les signaux multifréquences disponibles sur la NET10/NET20+. L’objectif du fichier RINEX est de fournir des mesures de code et de phase suffisamment riches pour le post-traitement.


5. Créer l’enregistrement RAW

Ouvrez Recording, puis créez un schedule dédié.

Sur NET10, le profil historique suivant a déjà produit des fichiers acceptés par l’IGN. Sur NET20+, il constitue une cible de configuration, mais l’archive finale doit impérativement être contrôlée après fermeture :

Paramètre Valeur
Schedule Name code ou nom de la station
Path Type Session
File Name Rinex302.dat
File System Internal
Data Type RAW
Interval 30 s
Duration Time 24 hours
Pool Off
Auto Enable
Integral Point Record Enable

Un intervalle de 15 s a également été accepté par l’IGN dans un essai historique. Pour une automatisation simple et des fichiers moins lourds, 30 s reste le réglage par défaut.

Attention au changement de journée

La NET10 peut clôturer ou découper un fichier au changement de journée. Ne considérez donc jamais qu’un fichier contient 24 heures uniquement parce que son nom comporte 24H ou 01D.

Après téléchargement, il faudra vérifier :

  • la première époque ;
  • la dernière époque ;
  • l’intervalle réel ;
  • le nombre d’époques ;
  • l’absence de trou.

L’ajout ou la modification d’un autre schedule peut également recharger le service Recording. Un fichier interrompu puis repris sous le même nom ne doit pas être utilisé pour positionner une base.


6. Activer la conversion RINEX

Dans le même schedule, ouvrez le bloc Convert :

Paramètre Valeur
Convert Enable
Format RINEX 3.02
Compress .gz
APC coché
Mixed Nav désactivé dans le profil testé

La base ne produit pas forcément un simple fichier .rnx.gz. Sur les essais validés, eSurvey crée une archive du type :

Corb0050_RINEX3.02.tar.gz

Après extraction, on retrouve plusieurs fichiers :

Corb0050.26O   observations
Corb0050.26N   navigation GPS
Corb0050.26G   navigation GLONASS
Corb0050.26L   navigation Galileo
Corb0050.26C   navigation BeiDou

Le fichier important pour l’IGN est le fichier d’observation :

*.26O

Selon le firmware NET20+, l’observation peut aussi porter une extension .rnx. Il faut alors lire son en-tête au lieu de se fier uniquement au nom.


7. Télécharger et contrôler l’archive

Une fois le fichier fermé, ouvrez Download. L’archive RINEX convertie apparaît normalement à côté du RAW.

Avant tout envoi à l’IGN :

  1. conservez l’archive eSurvey originale ;
  2. calculez si possible son SHA-256 ;
  3. extrayez-la dans un nouveau dossier ;
  4. identifiez le fichier observation .YYO ou .rnx ;
  5. contrôlez le RINEX avec un outil adapté.

Contrôles indispensables

Dans l’en-tête RINEX, vérifiez au minimum :

RINEX VERSION / TYPE
MARKER NAME
REC # / TYPE / VERS
ANT # / TYPE
APPROX POSITION XYZ
ANTENNA: DELTA H/E/N
INTERVAL
TIME OF FIRST OBS
TIME OF LAST OBS
END OF HEADER

Puis contrôlez toutes les époques du fichier.

Retour d’expérience NET20+

Sur un test court NET20+, le RAW contenait bien 34 époques continues à 30 s. Pourtant, la conversion native n’en a conservé que 17 à 60 s, alors que son en-tête annonçait 30 s.

Conclusion : la présence d’une archive RINEX n’est pas une preuve suffisante. Vérifiez toujours la cadence réelle avant l’IGN.


8. Envoyer le fichier observation à l’IGN

Le portail officiel utilisé en France est :

Calculs GNSS Réseau en ligne — IGN

Dans la zone Pivot, importez uniquement le fichier d’observation :

*.26O

Réglages utilisés :

  • nombre maximal de stations : 8 ;
  • éloignement maximal : 1 000 km ;
  • adresse e-mail du responsable.

L’IGN envoie ensuite un rapport .tar.gz par e-mail.

Un fichier partiel parfaitement continu peut être accepté par le portail. Pour une base destinée à être déployée automatiquement, une journée complète et continue à 30 s reste préférable afin d’améliorer la qualité et d’éviter un arbitrage manuel.


9. Lire le rapport IGN

Dans le rapport texte, utilisez la section :

RGF93

Ne recopiez pas au hasard les coordonnées ITRF ou ETRF affichées ailleurs dans le rapport.

Relevez :

X
Y
Z
HELL

Contrôlez aussi la zone :

EXACTITUDE ESTIMEE (2*SIGMA)

La documentation Centipède demande actuellement :

  • E_N inférieur à 10 mm ;
  • E_E inférieur à 10 mm ;
  • E_H inférieur à 20 mm.

Un calcul qui aboutit prouve que le format est lisible, mais il ne garantit pas automatiquement une qualité suffisante pour injecter la position.

Antenne UA-92 non reconnue par l’IGN

Dans les rapports historiques, Bernese ne reconnaissait pas la NET10 ni l’UA-92 dans sa bibliothèque IGS. Il remplaçait le modèle par :

SIMULA NONE

Ce remplacement n’a pas provoqué le rejet du fichier. Il doit cependant rester visible dans l’analyse du rapport.


10. Injecter les coordonnées dans la base

Revenez dans Reference Station uniquement après validation du rapport correspondant à l’installation actuelle.

Réglages :

Paramètre Valeur
Working Mode Base
Base Position Repeat Position
Coordinate System Cartesian Coordinates (X,Y,Z)
Ellipsoid affiché WGS84 — affichage normal de la WebUI
X / Y / Z valeurs RGF93 du rapport retenu
Reference Point APC
Delta H valeur cohérente avec la convention du RINEX et du rapport IGN ; 0 seulement si la position correspond bien à l’APC

Après enregistrement :

  • relisez les X/Y/Z ;
  • vérifiez la hauteur ellipsoïdale affichée ;
  • conservez une capture ;
  • contrôlez ensuite la position réellement émise dans les messages RTCM 1005/1006.

Ne réutilisez jamais les coordonnées d’une autre antenne ou d’un ancien emplacement. Un déplacement de quelques centimètres suffit à rendre le référencement incohérent.


11. Configurer le NTRIP Server vers Centipède

Le menu Ntrip Server correspond à la source qui pousse les corrections de la base vers le caster. Ce n’est pas un profil rover.

Le code définitif de la base doit comporter quatre caractères majuscules et/ou chiffres et être libre sur le réseau.

Exemple de profil testé :

Paramètre Valeur
Name code de la base
Caster Address crtk.net
Caster Port 2101
Network Auto
Version V1.0
Password valeur indiquée dans la documentation officielle Centipède
Mountpoint même code de base
Data Type RTCM 3.3
Messages de référence 1006, 1007, 1033
MSM MSM7
Constellations GPS, GLONASS, Galileo, BeiDou
Interval 1 Hz
Ephemeris Frequency On changed
Auto Connect Enable
Phase Center Enable

N’utilisez jamais NEAR ou NEAR4 comme nom de source physique. Ce sont des mountpoints virtuels destinés aux rovers.

Mountpoint temporaire CT...

Dans notre pilote, un mountpoint physique commençant par CT a été utilisé pour valider directement le flux. Cela documente notre essai, mais ne constitue pas une règle générale d’attribution Centipède. Un mountpoint de test n’est pas automatiquement intégré à NEAR/NEAR4 et ne remplace pas la validation finale.

Par prudence, n’activez le mountpoint définitif qu’après injection de la position précise. Un test temporaire doit être clairement identifié comme tel.


12. Vérifier le flux RTCM réel

Après démarrage du NTRIP Server, contrôlez séparément :

  1. statut transmitting dans la base ;
  2. compteur de données qui augmente ;
  3. connexion directe d’un client NTRIP ;
  4. trames RTCM reçues avec CRC valide ;
  5. IDs de messages réellement présents ;
  6. coordonnées du message 1005/1006 cohérentes avec le rapport IGN.

Sur le pilote NET20+, les messages observés étaient :

1006  1007  1033
1077  GPS MSM7
1087  GLONASS MSM7
1097  Galileo MSM7
1127  BeiDou MSM7

Le mountpoint de test répondait en HTTP 200 et le monitoring public Centipède comptabilisait bien la connexion rover.

Une base simplement « annoncée » n’est pas forcément saine. Le flux binaire reçu reste la preuve la plus utile.


13. Déclarer la base auprès de Centipède

Une fois la position injectée et le flux contrôlé, préparez le courriel à :

contact@centipede.fr

Le dossier doit contenir :

  • nom et prénom du responsable ;
  • profession ;
  • adresse e-mail de supervision ;
  • code de quatre caractères en majuscules et/ou chiffres, après vérification qu’il est libre ;
  • modèle du récepteur ;
  • modèle de l’antenne ;
  • fichier RINEX réellement envoyé à l’IGN ou archive native le contenant ;
  • rapport IGN original .tar.gz ;
  • minimum deux photos : proche et vue d’ensemble.

L’administration Centipède réalise ensuite la validation. Les états décrits dans la documentation sont :

  • bleu : base pré-déclarée, accessible directement mais en attente de vérification ;
  • orange : base annoncée dans la liste, métadonnées en vérification ;
  • vert : base validée et utilisable par la communauté ; elle peut alors devenir éligible aux mécanismes automatiques comme NEAR/NEAR4 selon les règles du réseau ;
  • rouge : base déconnectée ou flux qui n’est plus reçu.

La supervision officielle contrôle le réseau toutes les 15 secondes. La carte actualise l’état environ toutes les 30 secondes. Si une base ne renvoie plus de signal pendant plus de cinq minutes, un e-mail est envoyé au responsable, puis un second lors de la reconnexion.

L’intégration aux sélections automatiques NEAR/NEAR4 dépend de cette validation réseau. Ce passage ne peut pas être créé unilatéralement depuis l’interface eSurvey.

Le traitement peut prendre plusieurs jours selon la disponibilité des validateurs. Une base bleue reste néanmoins testable avec son mountpoint direct ; une base orange est déjà visible dans la liste et utilisable pendant le contrôle de ses métadonnées.


14. Checklist finale

Avant de considérer la base prête :

  • antenne fixée sur un point stable ;
  • deux photos propres conservées ;
  • UA‑35 ou UA‑92 correctement sélectionnée, APC vérifié ;
  • RAW enregistré sans interruption ;
  • archive native conservée ;
  • fichier observation identifié ;
  • cadence et époques réellement contrôlées ;
  • rapport IGN reçu et archivé ;
  • qualité géodésique vérifiée ;
  • X/Y/Z RGF93 injectés dans la bonne base ;
  • message RTCM 1005/1006 contrôlé ;
  • flux direct RTCM vérifié ;
  • dossier envoyé à Centipède ;
  • statut réseau suivi jusqu’au vert.

À propos du push automatique des fichiers

Les NET10/NET20+ disposent d’une fonction d’envoi automatique des fichiers vers un serveur distant. Cette option est en cours de validation sur la durée chez RTK Précision.

Elle n’est volontairement pas détaillée dans ce guide pour le moment. La configuration manuelle RINEX/IGN/Centipède reste la procédure de référence tant que le push automatique n’a pas été suffisamment éprouvé.


Pose tes questions et partage ton installation

Ce sujet est aussi un carnet de progression collectif. Si tu réfléchis à installer une base, indique ton type de bâtiment, l’emplacement envisagé, l’alimentation disponible, la connexion Internet et l’antenne que tu possèdes déjà.

Tu peux poser tes questions directement sous le sujet et ajouter des photos de ton implantation. Les retours terrain serviront à corriger le guide, documenter les cas particuliers et rendre le futur déploiement RTK Précision plus simple pour les suivants.


Sources officielles

Ce retour concerne une intégration eSurvey réalisée par RTK Précision. Il ne remplace pas la documentation officielle du réseau Centipède.

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